Agression vs passivité
Acquérir
des connaissances et travailler son poker est toujours une bonne
chose MAIS il me reste à chasser mes démons personnels.
L'année
2016 a été une année horribilis en ce qui concerne AQ et
j'ai pleuré de la copie sur cette main que je considère – à tort
ou à raison – comme la pire main possible. Vrai, faux, en tout cas
je joue les Cassandre car cette main gagne quand j'y suis opposé et
perd quand je la trouve chez moi. Je ne m'appuie pas sur des
statistiques valables à long terme mais sur des expériences
lamentables à moyen terme. Je ne perds évidemment pas toujours
cette main mais suffisamment pour que je la manie avec d'infinies
précautions.
Mon
raisonnement totalement biaisé n'est rien d'autre qu'une grosse
bêtise et j'en suis conscient.
Je
suis donc actuellement plongé dans "Excelling at No-limit
hold'em" et plus particulièrement un chapitre de qualité écrit
par l'Américain Jarvis, peu connu en France, mais bien connu
outre-Atlantique. Ce chapitre est présenté sous la forme de
recettes et l'une de ces recettes est l'agressivité.
Notre
tendance générale est plutôt de préserver nos acquis et au poker,
notre tapis. Nous sommes souvent prêts à prendre des risques mais
des risques mesurés. Comme vous l'avez lu ici même, les pros ont
une qualité de jeu supérieure pré flop et bien évidemment post
flop. L'une de leur stratégie pré flop est de relancer du minimum
chaque coup dans lesquels ils s'impliquent en respectant la loi de
5/10% surtout si un adversaire se rebiffe pré flop avec un 3-bet.
Ils sont avantagés dans le jeu post flop qui propulse leur
agressivité sur le devant de la scène...et laisse les joueurs
amateurs comme nous impuissants voire parfois pleurnichards...
Hier
dans un tournoi à 300€, je suis surpris en arrivant par le premier
niveau. Nous démarrons à 30k (ou 35k avec le dealer bonus), mais le
premier niveau est 100/200 et les antes interviennent au deuxième
niveau. Quelle rigolade ! Le tournoi est finalement un rien turbo car
nous ne bénéficions pas des deux premiers niveaux pour grimper
facilement des jetons..ou en perdre, c'est selon. Bon, reconnaissons
que les organisateurs vont travailler quinze niveaux pour ce second
jour 1 et reprendre le lendemain c'est-à-dire aujourd'hui...sans
moi.
Ma
première table se déroule correctement sans cartes et quand elle
casse au bout de quatre heures, j'ai un tapis de 30k. Je rejoins une
table avec de gros tapis et un joueur pro de ma connaissance. Nous
parlons de nos expériences à Las Vegas et je constate que lui aussi
a subi la loi de la variance. Aargh. Je ne fais pas grand chose
jusqu'à ce coup que je joue comme un crétin, traumatisé par les
mains précédentes tant honnies, les fameuses AQ.
Sur
des blinds 800/1600-200, une joueuse avec un tapis de 60k raise à
2.5, payée par le joueur pro avec 60k et moi avec 22k. Quelle erreur
car j'ai une parfaite main de squeeze, classique pour moi mais j'ai
la hantise des coups précédemment perdus.
Je
vous le dis clairement, c'est bien la dernière fois que je sous-joue
cette main et jamais plus je ne jouerais contre la « règle ».
Je ne fais donc que suivre et le flop tombe...3 trèfles avec A. Mon
flop en gros mais je n'ai pas de Qt. Je shove immédiatement suivi
par la joueuse que j'ai profilée plutôt moyenne voire faible.
Malheureusement, le pro shove à son tour et là je me rends compte
que ma prudence pré flop était une grosse erreur car après avoir
touché un brelan miraculeux avec K2 deux mains auparavant, cette
fois il touche sa couleur. La dame au turn me fait vaguement reposer
mon sac et rien à la river me fait prendre congés. Pour la petite
histoire, j'écrasais la joueuse avec son AJo.
J'espère
que vous avez compris l'importance de l'agressivité, l'idiotie liée
à la passivité et que jamais plus vous ne louperez de spots
essentiels comme celui-là.
En
ce qui me concerne, j'ai compris la leçon. Rendez-vous au prochain
article dans lequel je vous parlerai des risques liés au piège à
travers un exemple vegasien.
GG
all !
Ecrit Par Chip&Win
Ecrit Par Chip&Win



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