Gérer un
trash talker ou un joueur perturbateur
Vous venez
de tirer votre place et vous vous installez. Vous connaissez cette
bonne vieille blague que nous pouvons adopter au poker "qu'est
ce qui est pire qu'un trash talker ?". Réponse "deux, bien
sûr.". Vous méditez cette bonne blague et vous espérez ne pas
tomber sur un de ces spécimens. Pas de bol, vous en avez un joli à
votre droite. Oui, je dis bien à droite. Ce n'est donc pas très
grave en termes de jeu mais c'est pénible en termes de discussion.
Mon conseil est simple. Sortez votre joli casque hifi, couvrez votre
oreille droite et suivez le jeu avec l'autre oreille.
Ce genre de
désagrément m'est arrivé avec un joueur tellement détestable à
une table de poker qu'aucun autre joueur ne le supporte, même pas
ses amis, si toutefois il en a. Toujours est-il que ce joueur
commence à énerver tout le monde à la table, sauf le croupier
qu'il essaye toujours de se mettre dans la poche. Il y arrive assez
bien d'ailleurs. Il demande aux joueurs de jouer plus vite. Il
retourne des cartes. Il parle avant son tour. Il parle aux joueurs
alors qu'il devrait se taire. En gros, il critique tout et tout le
monde. Son comportement est horrible. Au moment où il s'adresse à
moi, j'ai déjà préparé mon scénario. Je retire mon casque et je
parle en anglais. Comme je parle sans cet accent français si
reconnaissable, et comme lui ne parle pas la langue de Shakespeare,
il se désintéresse aussitôt de moi. Le plus beau de l'histoire
arrive quelques heures plus tard. Je le sors du tournoi et il part en
me disant au revoir. Incroyable non ?
C'est une
première manière de gérer un trash talker. La seconde est un peu
la même. Un jour je gagne un joli pot en cash game contre un joueur
et je pose une question à un voisin. Le perdant du coup m'interpelle
et commence à m'agresser sans raison « pourquoi commentes-tu
le coup ! ». Je lui répond "je parlais d'autre chose
et de toute manière, je fais ce que je veux". La minute
d'après, je sors le même outil indispensable à une table, mon
casque. Le type déplaisant choisit une autre cible.
Ces gens
irrespectueux sont comme des roquets. Ils aboient beaucoup mais si on
ne rentre pas dans leur jeu, ils font peu de dégâts. En réalité,
ce sont des faibles qui n'ont aucune empathie et certainement peu
d'amis. Les ignorer est horrible pour leur ego car quelque part, leur
objectif est d'être l'attention de toute la table.
Certains
autres joueurs ont également une autre attitude qui repose sur les
mêmes leviers. Revenons aux main event des WSOP. Un joueur s'est
littéralement attiré la haine de toute sa table. Il s'agit de Will
Kassouf. Depuis, il a longuement expliqué que cette manière de se
comporter fait intégralement partie de sa panoplie. Ce n'est pas un
trash talker mais un joueur très bavard et très perturbateur. Son
objectif est de déstabiliser ses adversaires et cette stratégie
fonctionne très bien, à tel point qu'il a pris le lead du main
event à moins de 40 joueurs left. Il a fallu deux très très
mauvais coups pour le voir perdre son calme apparent. Ces joueurs
jouent en réalité un jeu déstabilisant. Soyons honnête. Ce joueur
est resté correct, seulement énervant, et il a subi le pire en deux
coups: perdre AA et KK avant de voir la table finale du main event
lui échapper.
Un autre joueur est connu pour parler et bavarder. Lui le fait avec élégance, tout sourire dehors. Il s'agit de Daniel Negreanu. C'est un bon exemple de joueur convivial voire empathique. On sent réellement qu'il aime les autres et pense ce qu'il dit. C'est donc un adversaire valeureux. Comme en plus il a de très gros résultats en tournois, il est aussi dangereux. Il sait jouer et et il sait parler.
Un autre joueur est connu pour parler et bavarder. Lui le fait avec élégance, tout sourire dehors. Il s'agit de Daniel Negreanu. C'est un bon exemple de joueur convivial voire empathique. On sent réellement qu'il aime les autres et pense ce qu'il dit. C'est donc un adversaire valeureux. Comme en plus il a de très gros résultats en tournois, il est aussi dangereux. Il sait jouer et et il sait parler.
Si vous ne
pouvez vous empêcher de parler, alors imitez cette posture. Vous
pouvez aussi jouer dans ce registre et adopter cette posture. Vous
gagnerez en puissance. J'aime bavarder avec mes voisins. J'essaye
tant que faire se peut de m'en faire des relations agréables. Ainsi,
ils hésiteront un peu plus à me faire un mauvais coup. Ce n'est pas
gagné mais c'est plus positif que d'agresser ses voisins ou encore
de rester dans son coin sans piper mot.
Descartes
parlait du discours de la méthode. Ici, il s'agit de mettre au point
une méthode de discours, pas envahissant et suffisamment agréable
pour attirer la sympathie des autres. Vous saurez aisément si cette
méthode fonctionne à un moment clé, triste et final, quand vous
sauterez du tournoi. Si vos adversaires vous salue agréablement,
vous aurez rempli votre contrat et vous pourrez appliquer la même
méthode lors des prochains tournois.
Le
storytelling est un art, et vous devez le maîtriser pour en profiter
au poker.
Ecrit par Chip&Win
Ecrit par Chip&Win



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